Sur la route des Balkans vers le massif et dominant Bouzloudja

Si vous passez par la Bulgarie, tout comme je l’ai fais lors de mon périple Interrail, je vous conseille fortement d’aller visiter Bouzloudja. Un nom un peu barbare à prononcer la première fois, il s’agit d’un monument massif datant de l’empire soviétique. Abandonné au milieu des Balkans, il domine le paysage perché haut dans les montagnes. Une position stratégique permettant de dominer le paysage et les alentours.

Un peu d’histoire…

Bouzloudja, ou Buzludzha, inaugurée en 1981, est une ancienne salle de congrès soviétique construite par  les communistes. Sa construction a duré 8 ans et a été financé par des donations. Aujourd’hui interdite d’accès, elle abritait des salles de réunions, auditorium et mosaïques désormais partiellement détruites.

En novembre 1989, la Bulgarie met fin au communisme et entame une transition politique. C’est à cette période que cet étrange monument, en forme de vaisseau spatial, a commencé à être détruit. Bouzloudja devient propriété de l’état en 1992, qui ne souhaite pas engager de travaux afin de le restaurer.

Une excursion qui sort de l’ordinaire

Le lieu est situé à 3-4h de route depuis la capitale bulgare, Sofia. Le site n’est pas accessible via transport public, vous pouvez donc vous y rendre en louant une voiture. Mais si, comme moi, vous êtes seule et n’avez pas envie de louer une voiture pour vous perdre en terre inconnue, un tour existe! Peut-être même plusieurs, mais je vais vous parler du mien.

En cherchant sur la toile, je suis tombée sur le site de Betty et Beni, deux soeurs bulgares qui proposent toute une variété de tours, notamment celui de Bouzloudja. Leur particularité ? Elle vous replonge dans l’histoire de la Bulgarie à l’époque du communisme. On parle du passé mais aussi du présent et du futur, des conséquences de cette ère communiste sur la vie d’aujourd’hui, et des conditions de vie de l’époque.

Le plus intéressant, c’est qu’elles ont à l’appui tout un tas de vieux articles (objets, journaux, etc.) appartenant à cette époque révolue, accompagnés d’anecdotes qu’on ne lit pas dans les livres d’histoire. Elles sont très sympas, disponibles et auront réponse à toutes vos questions!

Le déroulement du tour sur une journée

Nous sommes partis le matin, Betty m’a rejoint à mon auberge à 9h, nous avons pris un café ensemble en attendant sa soeur, Beni, qui était allée chercher les autres participants au tour.

Au final, nous étions 5, les deux soeurs, une française expatriée en Malaisie, un français expatrié aux USA, et moi, future expatriée au Canada! Le long de la route, nous avons parlé de la Bulgarie et de son histoire et nous avons écouté des musiques datant de l’époque communiste.

Petit déjeuner bulgare

Nous nous sommes ensuite arrêtés pour déjeuner en bord de route, un petit déjeuner typiquement bulgare. Au menu, la banitsa, à base de pâte feuilleté et de fromage, assez grasse à cause de l’huile. En boisson, la boza, à la fois aigre et sucrée, épaisse, elle est préparée à base de céréales (millet et blé). Je n’ai pas pu la finir car ça cale bien!

L’église et le mémorial de Chipka

Ensuite on s’arrête au temple-mémorial de Chipka, une église orthodoxe russe inaugurée en 1902. Elle est dédiée aux soldats morts pour la libération de la Bulgarie lors de la guerre russo-turque de 1877-1878.

L’église compte 5 dômes dont le plus haut au centre s’élève à 42 mètres. Les pierres blanches s’entremêlent aux briques rouges et aux dorures de ses extrémités pour un spectacle architectural des plus précieux.

Après en avoir pris plein les yeux face à la beauté et à tout ce que représente cette église pour les bulgares, nous repartons ensuite non loin de là, direction le mémorial de Chipka. Au sommet du mont Nikola, après la montée de ses marches (894 au total), vous serez au pied de cet édifice érigé en 1934, haut de 31,5 mètres.

Tout comme l’église présentée juste avant, il honore la mémoire des soldats tombés au combat. Vous aurez une vue imprenable sur la chaîne des Balkans et vous pourrez même apercevoir Bouzloudja. Au rez-de-chaussé, un sarcophage recueille les ossements des soldats perdus. Les autres étages accueillent des expositions liées à cette terrible bataille.

Bouzloudja

Enfin, le tant attendu Bouzloudja n’est plus qu’à quelques mètres. Petit arrêt à distance pour prendre quelques photos et observer un arrêt de bus datant de l’époque communiste. Puis on se rapproche de plus en plus, pour enfin se poser en face du monstre et observer toute sa grandeur.

Des graffitis et des inscriptions recouvrent les murs de ce monument abandonné élaboré par Guéorguy Stoilov. Malheureusement, il n’est plus possible d’accéder à l’intérieur, ce que je voulais le plus après avoir vu les photos incroyables de Bruno Maltor, auteur du blog voyage Votre Tour du Monde.

Je suis sûre que si j’avais été seule j’aurai tenté de pénétrer l’interdit mais étant dans un tour, j’ai respecté le règlement. Cela faisait quelques jours que la sécurité avait été renforcé, puisque les filles qui organisent le tour entraient avant dans le bâtiment en expliquant seulement les risques aux touristes comme l’écroulement du plafond.

Photo de Bruno Maltor

Sur le chemin du retour, nous faisons une pause déjeuner dans un restaurant bulgare. Bonne ambiance et échange en tous genres sont au rendez-vous. Nous regagnons Sofia vers 17h, ce fût une journée mémorable, perdue dans la campagne bulgare en quête du passé. Je ne regrette pas d’avoir fait ce tour.

Petite anecdote

Je ne pouvais pas vous laisser sans vous raconter le manque de compréhension et l’hostilité auxquelles j’ai fais face par rapport à ce tour. En effet, dans l’auberge où je suis restée, tous étaient très gentils et accueillants. Je suis arrivée tard et je suis restée à discuter sur la terrasse avec les autres habitants.

Cependant, quand nous en sommes venus à la discussion de ce que j’allais faire dès le lendemain comme activité, certains n’ont pas compris pourquoi je souhaitais faire un tel tour. Ils étaient bulgares et se sont sentis très offensés que de plus en plus de touristes souhaitent payer pour se rendre à un monument érigé à la gloire du communisme.

Il y a deux écoles: ceux qui ont aimé l’ère communiste et qui en ont tiré profit, et ceux qui en ont souffert. Evidemment, ces personnes ont gardé de très mauvais souvenir de cette période et souhaite la laisser derrière eux. Ce que je comprends tout à fait. Mais parfois la férocité des propos m’a fait regretté de leur en avoir parlé. Ne soyez donc pas offusquez si vous vous retrouvez face à ce genre de réactions, qui est apparemment courante à l’évocation de cette partie de l’histoire bulgare.

Si le tour vous intéresse, visitez le site de Betty et Beni, Communism tours in Bulgaria. Il faut les contacter par mail, elles répondent généralement très vite. Hélas, je ne me souviens plus du prix exact, et comme je ne veux pas vous dire de bêtise, je préfère vous laisser aux soins de ces deux jeunes bulgares pétillantes.

Et toi, as-tu déjà voyagé en Bulgarie ? Connais-tu Bouzloudja ?

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8 Comments

    • WanderLola Reply

      Oui c’est bien dommage, comme tu dis l’intérieur est dingue! Merci d’être passé par là 🙂

    • WanderLola Reply

      Oui c’était assez ouf! Perdue dans les balkans bulgares face à ce monument abandonné, c’est pas tous les jours qu’on fait ça lol

  1. Alors moi, absolument pas, mais mon frère oui… Je vais lui envoyer le lien de ton article, cela devrait lui rappeler quelques souvenirs! Les balkans sont surprenants!

  2. J’adorerais aller en Bulgarie. Je n’ai visité aucun pays utilisant un autre alphabet que le latin. Ça me semble idéal pour être dépaysé.
    Le Bouzloudja est intéressant mais pas très beau (selon moi). Par contre, j’adore les deux mains portant les flammes !

    • WanderLola Reply

      Si tu as l’occasion de visiter la Bulgarie, n’hésites pas! Oui Bouzloudja n’est pas très joli en soi mais impressionnant à voir.

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