Nous y voilà, le Chili ! J’espère que les randonnées en Argentine vous ont plu, vous pouvez les retrouver par ici. Pour les lecteurs assidus, nous avons déjà fais connaissance avec le Chili. Rappelez-vous, mon trek au parc national Torres Del Paine ! Cette fois, nous ne sommes plus en Patagonie. Bienvenue à Pucón, une petite ville très agréable et où l’on mange très bien. Pas mal d’activités à faire ici, le portefeuille va saigner un peu… Prêts pour l’aventure ?

Pucón et le volcan Villarica

Depuis la ville de Pucón, située dans la région d’Araucanie – très prisée des touristes mais aussi des chiliens, on peut admirer le volcan Villarrica et son cratère enfumé.

Villarrica est un strato-volcan. Allez, un peu de culture 🤓 Les strato-volcans se forment par l’accumulation de coulées de lave et de cendres au fil des éruptions. On parle de centaines de milliers d’années donc. Ils se caractérisent par des versants abruptes et la présence d’un dôme à son sommet.

Villarrica est en éruption depuis le 2 décembre 2014. Il s’agit du volcan le plus actif du Chili et est donc sous haute surveillance. Haut de 2 847 mètres, il couvre une superficie de 100km2. Sa première ascension remonte à 1883 par l’armée chilienne.

Sunset depuis l’auberge

Je suis restée en auberge de jeunesse, la Chili Kiwi Hostel, que je vous recommande fortement. Ils ont été élus plusieurs fois meilleure auberge d’Amérique latine et du Chili. L’ambiance reste très détendue et tout est bien pensé. Ils organisent tout un tas d’activités dont l’ascension du volcan Villarica, que je n’ai pas pu manqué. Je comptais me reposer ici, mais c’est sans compter sur l’aventurière qui sommeille en moi.

La veille de l’ascension

La veille de l’ascension, nous avons eu un débrief à 20h30 sur l’organisation de la journée et les consignes de sécurité. L’agence qui nous accompagnera est la Casa de Guías Pucón. Nous étions un groupe d’une douzaine de personnes et nous avions 4 guides à nos côtés.

Ça parle de crampons et pics à glace, de quoi mettre la pression pour moi qui n’est jamais vécu une telle expérience. Mais j’ai confiance en l’équipe. On nous précise bien que l’ascension d’un volcan n’a rien à voir avec une simple randonnée, c’est plus physique.

Le monstre que je m’apprête à grimper

Nous avons rendez-vous le lendemain à 5h30 du mat’, ça va piquer. Toute ma chambre fait l’ascension, du coup pas de problème pour s’endormir dans le calme. On nous recommande d’apporter des snacks (barres énergétiques, fruits secs, sandwichs…) et de nous habiller chaudement avec plusieurs couches. Direction le supermarché Eltit pour faire quelques courses et au dodo !

Le jour de l’ascension

La préparation

4h45 : le réveil sonne. Je me suis préparée un overnight porridge (lait + flocons d’avoine) la veille, je n’ai plus qu’à couper une banane, parsemer quelques noix, et le déguster pour faire le plein d’énergie.

5h30 : on se réunit tous dehors pour l’essayage de chaussures. Il me faut essayer 5-6 paires avant de trouver la bonne. Il est important d’être bien à l’aise dedans. Nous sommes en tout 24 participants et nous avons 8 guides à disposition. Nous serons divisés en 2 groupes. Un guide pour 3 personnes.

On nous remet également un sac à dos avec tout l’équipement nécessaire. Tout le monde est prêt, nous partons à la base du volcan.

6h30 : Après 40 min de trajet nous arrivons au point de départ de l’ascension. Il fait encore nuit, on allume donc nos lampes frontales. De la neige recouvre le sol, il s’agit de la première de l’année. Nous sommes le 19 mars 2019. On ne voit pas encore grand chose mais le jour va très vite se lever pour laisser place à un tout autre paysage.

Le départ

Première étape

C’est parti, nous entamons notre ascension à un rythme assez lent mais soutenu. Nous montons en fil indienne et en zig zag. Ça restera ainsi pour toute la durée de l’ascension. Après une quinzaine de minutes, ceux qui le souhaitent ont la possibilité de prendre le télésiège. Il permet d’avancer un bon bout de chemin. Je passe mon tour, je veux mériter le cratère à la force des mes jambes et surtout, à la force de mon mental!

Car oui, c’est physique, mais le mental a beaucoup joué aussi pour tenir bon et ne pas abandonner. Je sens dés le début que l’effort va être difficile – pourtant je suis sportive – et je regrette presque de m’être encore aventurée dans une histoire pareille! Je changerai bien sûr d’avis à la fin de la journée 😀

Le ciel s’éclaircit peu à peu et on devine le haut du volcan, fumant. Le décor est magnifique. Arrivés à la fin du télésiège, nous prenons la première pause « snack » et on s’équipe des guêtres. Bon c’est le guide qui va le faire parce que je suis pas très douée et surtout, j’ai froid! Je me demande comment ils font pour faire ça tous les jours!

Certaines photos sont prises avec le téléphone, la qualité est moindre
Deuxième étape

Cette fois-ci, c’est reparti jusqu’au pied du cône du volcan, la partie enneigée et glacée de ce monstre. L’effort est de plus en plus physique mais j’ai trouvé un bon rythme auquel j’essaye de me tenir pour ne pas fatiguer. Nous arrivons enfin et c’est l’heure du deuxième arrêt. Le moment est venu de manger nos sandwichs, il fait encore plus froid alors on nous montre des gestes pour se réchauffer. En gros, on secoue les bras dans tous les sens.

On enfile les crampons, une veste et un surpantalon imperméable, et on s’équipe du pic à glace. On nous montre comment l’utiliser. Comme nous avançons en zig zag, dés que nous changeons de côté, nous devons changer le pic à glace de main. Il doit être dans la main qui pointe vers le haut, qui est du côté du cratère. Si je glisse et tombe, je plante le pic à glace pour me stopper et pouvoir me relever.

Troisième étape

Nous repartons cette fois jusqu’au cratère. Il s’agit de la dernière partie de l’ascension. Le guide nous a prévenu le matin que le cratère nous paraîtrait tout près si on le regarde. Mais en réalité, il est encore loin. Ce qui est vrai et décourageant. Il nous aura fallu plus d’une heure pour terminer l’ascension.

Nous avançons beaucoup plus lentement et avec plus de prudence. Nous referons même une brève pause à mi-chemin car la fatigue se fait sentir. Les guides sont aux petits soins, ils prennent en compte l’état de chacun et s’adaptent au groupe. L’altitude rend l’effort plus difficile. À ce moment, je commence à désespérer et à vraiment m’énerver envers moi-même. Il y a beaucoup de vent, j’ai froid, je ne sens plus mes mollets… Bref, je ne vois que le négatif hélas. Mais la vue est tout de même grandiose, j’essaie d’en profiter un max.

On arrive enfin à la fin du cône du volcan! Victoire, nous y sommes arrivés!

Dernière étape

Ce n’est pas encore tout à fait fini… Pour voir le cratère de près, il nous reste 10-15 minutes d’ascension. On est plus à ça prêt et c’est du gâteau comparé à l’exploit que je viens d’accomplir. Oui c’est un exploit à titre personnel !

Nous avons un masque à gaz à disposition car les fumées que recrache le volcan sont toxiques, il ne faut d’ailleurs pas rester exposé trop longtemps. Le vent bat son plein mais le paysage d’en haut est époustouflant! Je suis exténuée mais heureuse. La colère redescend pour ne laisser place qu’à la joie et à la fierté. J’avais clairement sous-estimé l’effort à fournir pour arriver jusque là!

La descente

Et c’est là que le fun commence! Car nous redescendons une grande partie du volcan… en luge ! Enfin, nous avons une petite pelle en plastique et un survêtement sur le pantalon qui nous protège du froid. Alors comment faisons-nous ça ? Eh bien, un chemin a été creusé pour pouvoir descendre en toute sécurité. On doit utiliser le pic à glace avec prudence pour gérer la vitesse. On se rentre dedans, on sort du trajet, on rigole, bref c’est l’éclate!

Parfois, ça va très vite donc ça fait un peu peur… Arrivés en fin de parcours, il nous reste 1h de descente à pied dans un décor lunaire, le sol étant recouvert de cendres. J’en ai jusqu’aux mollets, c’est donc tout aussi fatiguant. J’ai une folle envie d’aller aux petits coins depuis plus de 3h alors je suis à bout sur ce dernier parcours.

À ça s’ajoute que j’ai le derrière trempé car ma bouteille d’eau s’est déversée dans mon sac. Je prends donc mon mal en patience. Il n’y a que ça à faire. Je suis heureuse d’en voir le bout et de monter dans le mini-bus.

Le retour

On arrive enfin à l’auberge et on se réunit tous en cercle dans la cour sous la « Tree House » de l’auberge. Les guides ont acheté des bières pour nous féliciter de l’effort fourni. Nous les buvons tous ensemble, tout le monde est heureux mais K.O. Je sortirai plus tard me régaler d’un bon chocolat chaud avant de rejoindre très rapidement les bras de Morphée. La chambrée est silencieuse, tout le monde est épuisé.

Mot de la fin

Comme vous l’aurez compris, c’est une très belle expérience à vivre, physique certes, mais à faire une fois dans la vie si la santé vous le permet. L’ascension dure 5h environ, en haut du volcan il faisait -5°C. Les guides sont tous géniaux, je vous recommande vraiment de passer par cette agence.

Je suis en admiration désormais face à tous ceux qui pratiquent l’alpinisme!

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5 Comments

  1. Je suis admirative, je ne ferais pas une telle ascension … Mais quel décor sublime !
    Et oui, chapeau aux guides qui font ce chemin tous les jours … 🙂

    • WanderLola Reply

      Merci beaucoup 🙂 C’est sûr que c’est très prenant physiquement… Je suis d’accord, les guides méritent tout notre respect!

      • Wahou c’est vraiment magnifique , grâce à toi nous découvrons le monde à travers toutes tes photos et pour cela un grand merci à toi. Gros bisous 😘

  2. Pingback: Pucón : ballade à vélo et détente | FRENCH NOMADISTA

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